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Un « acte de guerre ». «
Léquivalent » dun acte de guerre. Le type
dattentat qui a frappé les États-Unis et
bouleversé lOccident commande une approche et un
vocabulaire nouveaux. La meilleure façon de combattre
lennemi demeure cependant la même que celle
éprouvée au fil des siècles : lunion des forces. Aussi puissants
soient-ils, ou croyaient-ils lêtre, les
États-Unis doivent sassocier à dautres pour
gagner cette nouvelle forme de guerre dont on ignore
toujours avec certitude lennemi et ses visées.
Depuis les tristes événements de mardi à New York et
à Washington, tous les pays savent que nul nest à
labri du terrorisme. Ils ont aussi constaté avec
consternation que des gens sont prêts à sacrifier leur
vie et celle de milliers dinnocents pour assouvir
leur haine et mettre leur ennemi à genoux.
Les attentats meurtriers ont suscité des témoignages de
compassion à travers le monde. Le Canada, le
Royaume-Uni, la France, lAllemagne, la Chine et la
Russie ont notamment condamné les actes terroristes. Le
président russe, Vladimir Poutine, a invité pour sa
part la communauté internationale à lutter contre la «
peste du XXIe siècle ».
Hier, le conseil permanent de lOTAN a examiné ce
que pourrait être une riposte commune. Face à
lhorreur, alliés et ennemis dhier sont
prêts à aider le puissant devenu victime.
« Les démocraties sont difficiles à mettre en colère,
mais une fois quelles le sont, elles répliquent
avec force et efficacité », soulignait mardi avec
justesse Gil Troy, professeur dhistoire américaine
à lUniversité McGill.
Cela ne veut pas dire que la communauté internationale
se liguera aveuglément à côté des États-Unis.
Secoués et émus par les images apocalyptiques de New
York et de Washington, le premier réflexe des gens est
évidemment de vouloir faire la guerre à lennemi.
Mais lorsque la poussière sera retombée, les citoyens
devront forcément se demander jusquoù ils sont
prêts à aller pour combattre lennemi.
Accepteront-ils que leur pays consacre plus dargent
pour la défense nationale et les services de
renseignements ? Peuvent-ils vraiment cautionner que plus
de fonds publics soient investis pour des technologies et
de lartillerie sophistiquée lorsque les meurtriers
de mardi ont sévi avec des couteaux et des lames de
rasoir ?
Lhonnête citoyen est-il prêt à devenir un
suspect potentiel, à se soumettre à des fouilles
systématiques, à circuler moins librement dun
pays à lautre et à sacrifier ses droits et
libertés ?
Nous ne pouvons capituler devant le terrorisme, mais il
faut éviter de glisser vers des chasses aux sorcières.
La tentation peut être grande pour certains pays de
profiter de loccasion pour augmenter le pouvoir
militaire et policier.
La tragédie américaine a clairement démontré par
ailleurs quil ne fallait négliger aucun scénario.
Les terroristes ont frappé en Amérique en piratant des
avions civils et en détruisant des immeubles bondés.
Ils auraient pu opter pour des armes nucléaires,
chimiques ou bactériologiques. Le décompte des victimes
aurait été sans doute encore plus catastrophique.
Avant de sortir larsenal lourd et tout régenter
pour se venger, il faut également réfléchir sur les
causes profondes du terrorisme. Ce nest pas un luxe
dans les circonstances que chaque pays, surtout les
États-Unis, médite sur sa politique étrangère.
A-t-on vraiment tout fait pour favoriser la paix dans les
coins déchirés du monde ? Avant de fourbir les armes,
la question se pose.
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