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«C'est une déclaration de
guerre. Si vous êtes la cible d'une attaque aussi
destructrice, vous devez trouver les terroristes et les
détruire. C'est, je pense, ce que les États-Unis vont
faire», croit Harold Waller, spécialiste de la
politique américaine à l'Université McGill. Les États-Unis riposteront de façon
foudroyante contre l'attaque terroriste qui a saccagé
leur capitale et leur métropole. C'est la prédiction
des historiens et politicologues, pour qui l'attaque
d'hier est ni plus ni moins qu'une déclaration de
guerre.
«Pour les
Américains, cette attaque sera l'équivalent du
bombardement de Pearl Harbor (qui a provoqué l'entrée
des États-Unis dans la Deuxième Guerre mondiale).
Résultat: les États-Unis vont se mobiliser pour faire
la guerre au terrorisme, peu importe où il se trouve»,
estime le professeur Harold Waller, spécialiste de la
politique américaine et de la politique israélienne à
l'Université McGill. Ce ne sera certainement pas
terminé en quelques jours.»
«Au lendemain du bombardement de Pearl Harbor (par les
Japonais en 1941), les Américains étaient tellement
choqués que même ceux qui ne voulaient pas faire la
guerre se sont mobilisés», rappelle de son côté
Michel Pratt, qui enseigne l'histoire des États-Unis au
collège de Maisonneuve.
«En 1962, Kennedy était prêt à déclencher l'alerte
nucléaire simplement parce que Cuba fabriquait des armes
nucléaires, sans qu'aucune attaque ait été lancée.
Là, imaginez-vous, ce n'est pas une menace théorique,
c'est arrivé», souligne encore le professeur, qui
évoque aussi les représailles ayant suivi les actes
terroristes perpétrés par la Libye, au milieu des
années 1980.
Cette fois, tout peut se produire, avance le professeur
Waller. «C'est une déclaration de guerre. Si vous êtes
la cible d'une attaque aussi destructrice, vous devez
trouver les terroristes et les détruire. C'est, je
pense, ce que les États-Unis vont faire.»
Si un État est derrière les terroristes, «on peut
s'attendre à une riposte militaire d'envergure»,
déclare pour sa part Marcel Belleau, chercheur à la
chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et
diplomatiques de l'UQAM. «J'imagine que la riposte va
être à la mesure de l'identification des auteurs»,
dit-il.
Alimenter la soif de vengeance permettrait aussi au
président George Bush de «dévier les attaques
politiques», analyse M. Pratt, et de remettre à plus
tard les questions sur les défaillances de la CIA et de
la sécurité aéroportuaire. «Bush a intérêt à
canaliser l'agressivité de la population», dit-il.
Quant aux auteurs des attaques, M. Waller imagine qu'il
s'agit de terroristes islamistes, ceux-ci ayant déjà
frappé plusieurs cibles américaines (le World Trade
Center, les ambassades américaines au Kenya et en
Tanzanie, un navire américain à Aden). «Il s'agissait
hier de la plus importante, de la mieux coordonnée et de
la plus effrayante de toutes les attaques, mais je pense
que ça s'inscrit dans la même démarche», dit-il.
Pourquoi les terroristes islamistes ciblent-ils aussi
souvent les États-Unis? «Je crois qu'ils sont
convaincus que l'Amérique est le grand Satan, l'ennemi,
et ils sont prêts à faire tout ce qu'ils peuvent pour
attaquer le pays qui, estiment-ils, s'en prend
constamment à leurs valeurs.»
Même son de cloche du côté de Gil Troy, professeur
d'histoire américaine à l'Université McGill. «Je suis
Américain et je sens qu'il s'agit d'une attaque
personnelle contre moi et mon pays», a indiqué le
professeur originaire de New York. «Les démocraties
sont difficiles à mettre en colère, mais une fois
qu'elles le sont, elles répliquent avec force et
efficacité. C'est difficile pour moi d'imaginer que les
États-Unis ne vont pas réagir, qu'ils vont tolérer
ça.»
M. Troy prédit qu'on verra de plus en plus d'attentats
de ce type et qu'on s'intéressera moins aux guerres
entre États. «Je suis très préoccupé, très fâché
et très effrayé. C'est une arrivée très malheureuse
au 21e siècle, ça ressemble à une arrivée
en enfer...»
Chose certaine, les États-Unis n'ont jamais vécu un tel
chaos en temps de paix. «Autant de cibles frappées à
la fois, c'est du jamais vu, dit M. Pratt. Et jamais
n'avait-on fermé tout l'espace aérien depuis la
Deuxième Guerre mondiale.»
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